Le Sommet Montréalais de la Jeunesse sur le Commerce Durable : valeur partagée, conseil en développement durable et leadership des jeunes

La neige tombait sur les rues de Toronto lorsque j’ai eu la nouvelle que j’allais me rendre au Québec pour participer au Sommet Montréalais de la Jeunesse sur le Commerce Durable. J’ai aussi appris que le voyage serait entièrement financé par Chantiers jeunesse. J’étais aux anges! J’avais hâte d’aller à Montréal, une ville avec une riche culture française et aux bâtiments historiques pour laquelle j’éprouvais un amour particulier.

Je me suis réveillée avant le lever du soleil et j’ai pris le premier train en direction du métro Bonaventure. Dans le train, j’avançais mes devoirs du cours de Responsabilité sociale d’entreprise en parcourant les pages remplies de mots auxquels j’espérais trouver un sens. D’ailleurs, je me suis toujours demandé comment concilier les gens, la planète et le profit alors que notre monde néolibéral promeut l’individualisme, la concurrence et l’intérêt personnel. En tant qu’entrepreneuse, j’ai compris la nécessité de se concentrer sur le profit, mais j’étais également profondément préoccupée par l’état de l’environnement. En fait, c’est ce paradoxe qui m’a poussée à vouloir approfondir mes connaissances sur le développement durable en entreprise.

À mon arrivée à l’auberge, j’ai trouvé le courage d’approcher une de mes camarades de chambre. Je lui ai parlé en français puisqu’elle m’a dit qu’elle ne parlait pas anglais. Quand elle a découvert que je n’avais que 19 ans et que j’étais venue à Montréal toute seule, elle a été étonnée. Étant dans la trentaine et ayant un fils de mon âge, elle était impressionnée que je prenne autant d’initiatives pour changer le monde. À ce moment-là, je me suis sentie assez fière de moi, mais je savais aussi à quel point je voulais maîtriser le français afin de communiquer avec plus de francophones comme elle et ainsi créer plus d’impacts.

La première journée a été très enrichissante. J’ai pu assister à une variété de conférences et de panels sur des sujets tels que l’holisme, l’économie régénérative et la finance durable. Une des leçons les plus mémorables a été celle de Mike Gerbis, PDG de la série GLOBE. Il était vraiment intéressant et a parlé d’apprendre de ses erreurs comme échouer dans une entreprise et savoir saisir les occasions, par exemple, en approchant des conférenciers et en leur demandant de devenir votre mentor. Cependant, il faut surtout se rappeler que la famille et les amis sont les plus importants. En effet, monsieur Gerbis a expliqué qu’il était si dévoué à sa carrière qu’il a contracté la plus lourde hypothèque de sa vie, soit perdre du temps avec sa femme et ses enfants. Avec du recul, cette anecdote m’a fait réaliser que tout le temps que j’avais consacré à Pitch It Green m’a enlevé du temps que j’aurais pu passer avec ceux qui comptent le plus.

 

Quant à la deuxième journée, elle m’a vraiment ouvert les yeux sur mon futur. La première séance à laquelle j’ai assisté était sur le conseil en développement durable. On nous a donné un défi où nous devions aider un client ayant une entreprise de vêtements de mode à identifier ses priorités en matière de développement durable. J’étais assez fascinée par les différents aspects de la chaîne d’approvisionnement et par le fait que la durabilité d’un produit ne réside pas uniquement dans son résultat. Bref, il y a tout un processus qui l’accompagne. De plus, j’ai appris que les indicateurs clés de performance servent à mesurer notre impact afin de voir si on est sur la bonne voie. Enfin, pour terminer la journée, j’ai assisté à un atelier sur la valeur partagée d’une entreprise dirigé par Lucie Bourgeois d’Umalia. D’ailleurs, en plus d’être une environnementaliste, je me considère aussi comme quelqu’un qui défend ardemment l’égalité et les droits des femmes. En effet, madame Bourgeois nous a montré une publicité d’Ariel, une entreprise de détergents à lessive, et comment elle a lancé une campagne appelée #sharetheload. Ce mot clic avait pour but de remettre en question le fait que les mères n’apprenaient pas à leurs fils à faire la lessive, car c’est considéré comme une tâche féminine. La publicité a attiré l’attention internationale, en plus d’attirer de nombreux acheteurs qui voulaient partager la corvée. De cette façon, Ariel a créé une valeur partagée avec le client, car elle a promulgué le message de l’égalité des sexes.

Avant de prendre mon train pour Toronto, j’ai eu l’occasion de parler avec le charmant coprésident du Desautels Sustainability Network (Réseau de développement durable Desautels) de McGill, Maxime Lakat. J’étais profondément touchée par sa gestion de l’événement et par sa passion pour le développement durable en entreprise. Je me souviens d’avoir lu un article sur ses initiatives en matière de développement durable à McGill et la manière dont il a saisi toutes les occasions de rendre sa résidence plus durable. Nous avons besoin de plus de jeunes leaders comme Maxime!

Bref, assister à cet événement a été une expérience inoubliable. J’envisage maintenant la possibilité de me lancer dans le conseil en développement durable et de m’inscrire à la maîtrise en Environnement et commerce. Mon chemin vers le développement durable ne s’arrêtera certainement pas ici. J’espère continuer mes efforts en apprenant davantage lors de notre événement appelé Montreal Green Business Incubator (Pépinière d’entreprises vertes de Montréal) le mois prochain ainsi que lors de la Canadian Sustainability Conference (Conférence canadienne sur le développement durable) en avril.

Lauren Castelino, ambassadrice CJ